Nicole Trisse
Députée de la 5ème Circonscription de Moselle

Billet de la semaine

 

Vaccins obligatoires, vaccins recommandés : quelle distinction ?

La coexistence de vaccins obligatoires et de vaccins recommandés est le reflet de l’histoire de la vaccination en France. Avant l’arrivée des vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, ces maladies représentaient de véritables fléaux, responsables à elles trois de plusieurs milliers de décès d’enfants par an en France.

L’État a décidé de les rendre obligatoires afin de s’assurer que tous les enfants puissent y avoir accès et être protégés.

Pour les vaccins introduits dans le calendrier des vaccinations à partir des années 1970, l’État a considéré qu’il n’était plus nécessaire de les rendre obligatoires car on pouvait compter sur l’adhésion forte de la population et des médecins pour assurer la vaccination de tous les enfants. Les vaccins recommandés sont donc tout aussi importants que les vaccins obligatoires ; ils sont simplement plus récents.

Une couverture vaccinale insuffisante

La couverture vaccinale correspond à la proportion de personnes vaccinées dans une population à un moment donné. Une couverture vaccinale élevée constitue un élément clé dans le contrôle des maladies infectieuses, permettant de protéger une population contre une maladie donnée.

Ainsi, par exemple, l’élimination de la rougeole nécessite un niveau de couverture vaccinale de 95 % chez le jeune enfant. En France, ce niveau n’a jamais été atteint depuis l’intégration de cette vaccination dans le calendrier vaccinal, ce qui explique l’épidémie qui a provoqué des milliers de cas entre 2008 et 2011. Seule une couverture vaccinale élevée a permis l’élimination de la diphtérie et de la poliomyélite et la quasi- élimination des infections massives à Hæmophilus influenzae b, Hib.

Les niveaux insuffisants de couverture vaccinale atteints pour la vaccination rougeole-oreillons-rubéole et contre le méningocoque C, ainsi que contre la grippe et l’hépatite B, sont à l’origine d’une morbidité et d’une mortalité résiduelles, que l’on peut considérer inacceptable, d’autant que les vaccins correspondant ont un profil de sécurité d’utilisation tout à fait satisfaisant.

Augmenter ces couvertures vaccinales devrait être considéré comme une priorité de santé publique afin de prévenir la survenue de drames facilement évitables.

Quels sont les vaccins qui deviennent obligatoires ?

En plus des 3 vaccins actuellement obligatoires, la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite s’ajoutent :

- l’haemophilius influenzae B (bactérie provoquant notamment des pneumopathies et des méningites), - la coqueluche

- l’hépatite B

- la rougeole

- les oreillons

- la rubéole

- le méningocoque C (bactérie provoquant des méningites),

- le pneumocoque (bactérie provoquant notamment des pneumopathies et des méningites)

En pratique, l’extension à 11 vaccins obligatoires représente 10 injections pour les enfants, étalées sur 2 ans. Au moins 70 % des enfants connaissent déjà ces 10 injections sur 2 ans et 80 % plus de 8 injections.

 

Polémiques sur la potentielle toxicité de l’aluminium dans les vaccins : aucun lien scientifiquement prouvé ne remet en cause l’innocuité des vaccins.

 

Il n’appartient pas au ministère de la Santé de se prononcer sur la qualité de cette étude scientifique, qui est une étude parmi de nombreuses autres sur la vaccination.

Cependant, force est de relever que l’article du Parisien est truffé d’inexactitudes factuelles, dénoncées par l’ANSM dans un communiqué publié ce jour, dans lequel elle « tient à rassurer les patients » : « aucun signal de sécurité lié à l'aluminium contenu dans les vaccins n'a conduit à ce jour à remettre en cause le rapport bénéfice / risque des vaccins contenant de l’aluminium, en France et à travers le monde. » Elle « rappelle que ces vaccins sont administrés à des centaines de millions de personnes dans le monde depuis près d’un siècle. »

A ce jour, les institutions scientifiques et les agences sanitaires affirment toutes qu’aucun élément scientifiquement prouvé ne remet en cause l’innocuité des vaccins en général, ou des adjuvants vaccinaux en particulier.

Aujourd’hui, les vaccins pour la petite enfance sont unanimement recommandés par les autorités de santé. Pour mémoire, 70 à 80 % des enfants en France sont déjà couverts par les 11 vaccins qui deviendront obligatoires le 1er janvier prochain.

Le principe même de la recherche scientifique, c’est qu’elle doit être libre et qu’on doit toujours chercher à approfondir les connaissances. Mais une étude menée par un chercheur ne saurait remettre en cause le consensus général de la communauté scientifique sur la vaccination, qui est un enjeu de santé publique.


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