Nicole Trisse
Députée de la 5ème Circonscription de Moselle

Billet de la semaine

Contrats aidés : le Gouvernement ne veut pas supprimer les contrats aidés mais les cibler en priorité vers ceux qui sont les plus éloignés du marché du travail et là où ils sont indispensables à la cohésion sociale et territoriale

 

Dès son installation, le Gouvernement a constaté une diminution très forte du nombre de contrats aidés programmés pour 2017 par la majorité précédente.

- 280 000 emplois ont été programmés par la loi de finances pour 2017, contre 459 000 emplois aidés financés en 2016.

 

- Par ailleurs, dès le premier semestre 2017, une surconsommation des crédits dédiés a été constatée, puisque 2/3 de l’enveloppe budgétaire annuelle avaient déjà été utilisés.

 

Pour amortir le choc, le Gouvernement a pris ses responsabilités et a décidé une rallonge, dans le contexte de contraintes budgétaires que nous connaissons tous. Le Gouvernement a fait le choix de créer 30 000 à 40 000 emplois aidés de plus que ce qui avait été prévu par la précédente majorité, (soit un total de 310 000 à 320 000 contrats aidés financés en 2017).

 

Pour autant, la conviction du Gouvernement est que les contrats aidés ne sont pas une solution satisfaisante au problème de l’emploi.Précaires, faiblement rémunérés, ils sont en outre peu efficaces en matière d’insertion professionnelle (dans le secteur non marchand, 26% seulement des emplois aidés débouchent sur un emploi durable) alors même que leur coût est très élevé pour les dépenses publiques.

 

La seule réponse qui vaille, c’est une transformation en profondeur de notre économie et de notre politique de l’emploi. C’est l’enjeu des ordonnances sur le travail présentées la semaine dernière par le Gouvernement. C’est aussi celui de la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage que le Gouvernement s’apprête à engager. 

 

Pour autant, il ne s’agit pas pour le Gouvernement de supprimer purement et simplement les contrats aidés, mais bien d’en optimiser l’efficacité, en les ciblant en priorité vers les bénéficiaires les plus éloignés de l’emploi, là où ils sont indispensables à la cohésion sociale et territoriale.

 

A l’avenir, ils ont vocation à couvrir les priorités suivantes :

- L’Education nationale (notamment pour les AVS et l’accompagnement des élèves en situation de handicap où 50 000 contrats ont été prévus, comme l’an passé) ;

- L’urgence en matière sociale et de santé (hébergement social et sanitaire, secours alimentaire, accueil des personnes en situation de handicap…) ;

- L’Outre-mer avec près de 12 000 contrats au second semestre ;

- Les contrats souscrits par les communes rurales.

 

Afin de répondre au mieux aux besoins des territoires, les Préfets de région et le service public de l’emploi seront particulièrement mobilisés pour garantir la mise en œuvre des priorités en matière de contrats aidés, et éviter les « sorties sèches », en suivant les personnes dont les contrats arrivent à échéance, pour leur proposer une formation qualifiante ou un reclassement.


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